La dure loi de la jungle informatique
9 avril 2008
Le 1er Février dernier, Microsoft profitait de la faiblesse du cours de bourse de Yahoo! pour formuler sont offre de rachat du portail pour 44,6 milliards de dollars (30 milliards d’Euros). Le conseil d’administration du groupe internet a décliné cette offre estimant que le géant du logiciel avait sous évalué la valeur de Yahoo! et qu’il ne négocierait pas son rachat à moins de 40 dollars par action soit 51,1 milliards de dollars.
Au milieu de tout ça, Google, devenu le principal concurrent de Microsoft en termes de marché, s’oppose à une telle fusion qui pourrait, selon eux « être mauvais pour le caractère libre d’internet ».
Malgré une diversification dans les consoles de jeux et de nombreux autres domaines d’activité, Microsoft est de plus en plus indisposé par le groupe Google qui commence à l’attaquer sur son fond de commerce : les logiciels. Pour contrer le groupe sur son propre terrain, Microsoft cherche actuellement à faire fusion avec Yahoo!, mais le portail internet n’est pas encore décidé à lâcher prise.
Il est vrai que Yahoo! est en perte de vitesse par rapport à ses concurrents ces dernières années, et même si un rachat leur serait bénéfique à court terme (à eux deux ils couvriraient près de 80% de l’audience aux Etats-Unis), l’entreprise ne souhaite pas être acquise par Microsoft pour des questions concernant la direction du groupe et la gestion de l’entreprise. Yahoo! est en train d’étudier les alternatives qui s’offrent à lui.
« Nous sommes préoccupés par des mesures que pourrait prendre Microsoft et qui pourraient être négatives pour Internet » sont les propos qu’a tenu Eric Schmidt, directeur général de Google, lors d’une interview récente. Schmidt a également fait allusion aux pratiques anticoncurrentielles passées de Microsoft (qui lui ont valu une amende de 497 milliards d’euros en 2007) et exprimé ses inquiétudes vis-à-vis de cette offre de rachat.
Même si Google avait l’intention de monter les enchères avec Microsoft, le gouvernement américain et la commission européenne ne l’autoriseraient sûrement pas du fait des lois antitrust (libre concurrence). Etant donné qu’aucun rival sérieux n’est encore venu frapper à la porte de Yahoo!, le seul réel obstacle qui se dresse devant Microsoft est la commission des experts de la concurrence. Or il y a peu de chance qu’elle refuse une telle alliance, car même Microsoft et Yahoo! unis ne seraient pas aussi puissants que Google sur le marché publicitaire.
Le risque majeur est que Microsoft tente d’imposer un monopole sur internet identique à celui qu’il détient déjà sur le marché des logiciels. Malgré cela, Google demeure un leader sur son marché et dans l’hypothèse d’une fusion Microsoft-Yahoo! devrait toujours être dans la course pour la domination du marché.
Quoiqu’il arrive, les prochaines semaines devraient être mouvementées et pourraient avoir un impact déterminant sur le paysage concurrentiel du marché de l’informatique.






